Accueil Date de création : 07/09/09 Dernière mise à jour : 25/01/12 11:41 / 202 articles publiés

mon copain Dédé  (dans le fond de mon verre) posté le mardi 24 janvier 2012 11:16

(Pour la bonne compréhension de cette nouvelle, L'vieux l'a écrite le soir du dernier téléthon).

La neige tombe. Il fait froid. La télévision m'informe que tous ces soirs seront tes soirées. La belle affaire ! La tristesse m'envahit. Tu me connais, je n'ai jamais accordé crédit à tout ce qui est médiatique. Ça sent le profit. Une odeur qui m'a toujours donné la nausée. Moi, je ne t'ai jamais rien promis. Je t'ai donné, comme ça, sans m'en apercevoir.

Tout petit, tu n'étais pas un enfant comme les autres. Chétif, tu avais du mal à te tenir sur tes jambes. Il paraît que cela venait que ta mère, la Marie, était enceinte de toi quand on lui a ramené le corps de ton père transpercé par un « brancard » de la carriole du boulanger d'Ajain, dans la descente du chêne que ton père, lui, descendait à vélo. Cela aurait « tourné le sang » de ta mère et aurait provoqué chez toi ces « difficultés »

Vient le temps de l'école. Tu prends , à pieds, avec les autres enfants du village, le chemin de Jouillat. Le moindre petit caillou te fait tomber. Tu te relèves tout seul. Tu ne veux pas l'aide des autres qui chantonnent : Attendez André ! Il est encore tombé ! Ta sœur, Nicole, ton aînée d'un an, essuie tes genoux écorchés. Parfois ta tête prend la première ce qui te fait de tristes bosses au front. Après une chute plus brutale qu'une autre Nicole te porte sur son dos jusqu'à l‘école. Brave Nicole !

Des années plus tard les vélos apparaissent. C'est le bonheur pour toi. Nicole en a un beau et avec un porte bagage. Tu seras le « bagage »

Tu as environ onze ans, moi dix. Je passe mes vacances chez ma grand-mère. Nous sommes devenus des copains. Des inséparables. Tout le restant de l'année tu passes ton temps à compter les jours. Encore un mois et « Titi » viendra en vacance. Tu marches de plus en plus mal. Tu tombes de plus en plus. Je te relève, tu retombes, je te relève. C'était nos vacances.

Une année, surpris de ne pas te voir le jour de mon arrivée, je demande à ma grand-mère :

- Et Dédé ?

- Descends le voir vas !

Arrivé à ta porte, je te vois assis sur une chaise. Tout de suite je te dis :

- Viens Dédé, si tu tombes je te releverais. Tu baisses la tête et en pleurant tu me réponds :

- Je ne peux pas, je ne peux plus

J'avais compris...

Après la chaise, ce fût le fauteuil roulant. Comme ça jusqu'à vingt ans. Je ne viens plus en Juillet. Je préfère faire le beau auprès des filles sur les plages de Belle Île en mer. Alors tu attends mon retour jusqu'au mois d'août. Revenu de la mer, je descend te voir tous les jours du matin jusqu'au soir. Je te raconte mes conquêtes du mois de Juillet. Tu souris et tu me dis :

- tu as bien de la chance !

Comme je regrette aujourd'hui cette insouciance de ma part. L'adolescence me voilait les yeux et me rendait cruel.

Un matin, je te trouve devant la fenêtre de ta chambre assis sur une chaise. Le fauteuil roulant laissé de côté. Je saute de joie.

- Tu vas mieux tu n'as plus besoin du fauteuil. ?

- Oui demain je pourrai descendre à la salle à manger.

Le lendemain matin, chez moi, mes parents décident d'aller faire quelques courses à Guéret. Nous rentrons en fin d'après midi. A peine descendu de voiture notre voisine se précipite vers moi en me disant : - Descends vite chez Dédé. En arrivant chez lui Nicole sa sœur et sa mère Marie me crucifient :

- Il t'a réclamé toute la matinée jusqu‘à la fin. C'était le seul jour que je n'ai pas passé avec lui.

Ces soirs, la télévision restera fermée. Je passerai ces soirées avec mon copain Dédé.

 L'vieuxdede rec

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TACHE ROUGE  (dans le fond de mon verre) posté le lundi 16 janvier 2012 17:39


L'encrier s'est renversé

Le papier est taché

La plume est cassée.....

 L'vieux

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J'ai marché  (Les passantes du vieux) posté le mardi 03 janvier 2012 10:28


Ce matin de fin d'été, un brouillard épais enveloppe la rue Sainte Marthe. Je viens de fermer derriere moi la porte d'entrée de l'immeuble dont les murs ont abrités deux moineaux insouciants. Je ne rentrerai pas ce soir. Je ne reviendrai jamais.

Arrivé dans la rue Saint Maure le brouillard devient de plus en plus épais. A parti de ce jour il ne me quittera plus. Il se dissipera plus ou moins selon les passantes qui emprunteront ma route mais aucunes ne fermeront une cicatrice qui saigne toujours.

Je termine ici l'histoire des passantes qui ont influencé ma vie.
Pour certains cette histoire est d'une navrante banalité avec un brin d'indécence. D'autres pensent que remuer le passé est du radotage de vieux. Peu m'importe. J'ai vécu des années de bonheur intense. J'ai voulu le faire savoir. Je plains ceux qui n'ont pas connu de tels moments.
Victor Hugo n'a-t-il pas dit que le passé amène l'avenir... Ce sont ces passantes qui ont amené le mien. J'ai tenu à leur rendre hommage.

Mon avenir, je commence à en apercevoir le bout. Il est fait d'une main tendue vers moi. Celle d'une petite fille dont la maman a été la seule lumière qui à illuminé mon existence.

L'vieux

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Le temps bonheur  (Les passantes du vieux) posté le vendredi 30 décembre 2011 16:46


Nous vivons, Jacqueline et moi, un bonheur exceptionnel. Un bonheur qui vous fait vivre dans un autre monde. Les rues de Montmartre peuvent en temoigner. Nous installons notre petit nid dans le bas de Belleville : rue Sainte Marthe.
Un tel bonheur est rarement viable. La vie avec le temps s'éverturont à l'étioler. Je n'accepterai jamais de vivre l'agonie de ce bonheur.

Au bout de quelques mois de mariage Jacqueline adopte un comportement différent. Je comprends que  l'apogée de notre bonheur touche à sa fin. Il commence déjà à se fissurer. Un soir, je pose une question idiote à Jacqueline, d'autant plus que je me doute de la réponse : m'aimes tu  encore ?

Sa réponse est franche : je crois que je me suis trompée.
Les paroles d'une chanson de Barbara me viennent à l'esprit : c'est parce que je t'aime que je préfère m'en aller.

Le lendemain matin, je quittais pour toujours le petit nid de la rue Sainte Marthe.

L'vieux

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Rencontre  (Les passantes du vieux) posté le mardi 27 décembre 2011 11:54


Les vacances revenues, je débarque "au Palais" le charmant petit port de Belle Ile en mer. Très vite, je me rends au village de Vazen chez mon ami  Jean-Pierre. Il est environ quatorze heures. L'heure ou les vacanciers descendent à la plage. Parmi eux les filles du camp C.... En tête une brune au maillot de bain deux pieces : Mahité ! Elle se dirige vers moi. A cet instant, le destin met devant moi, celle qui sera ma vengeance. Comme par hazard, une merveilleuse brune un peu typée avec les yeux légèrement en amande. Le portrait tout craché de la fille du buraliste de mon bourg creusois, celle qui me faisait tant réver durant mes vacances creusoises. Je glace Mahité d'un ironique bonjour et vais embrasser la nouvelle venue toute éberluée. Je venais d'entamer mon chemin d'homme.

Ma vengeance se prénomme: Jacqueline. Toutes ces vacances nous nous balladons, Jacqueline et moi, main dans la main sur la côte sauvage, la plage. Pour moi la fin des vacances mettra fin à ce petit flirt calculé. Mais la vengeance est mauvaise consellière. De retour a Paris, Je reçois une nouvelle carte postale cette fois signée Jacqueline. Veux tu venir avec moi visiter notre Dame de Paris ? Je n'ai pas mesuré le danger. Cette satanée vengeance m'a conduit à l'église Championnet et à la mairie du XVIII arrondissement de Paris pour un mariage grandiose.
De cette union ne reste que nos deux prénoms gravés sur le zinc de la toiture de la tour du bourdon de Notre Dame de Paris.

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